vendredi 25 mai 2018

"STRATEGIE D'INTIMIDATION CONTRE CEUX QUI PROTESTENT CONTRE PARCOURSUP"

Après deux jours de garde à vue, les «interpellés d’Arago» au tribunal

 
Une centaine de personnes ont été interpellées mardi soir lors d’une tentative d’occupation du lycée Arago, à Paris, dont de nombreux mineurs. Après 48 heures de garde à vue, et d’angoisse pour les parents, nombre d’entre elles se sont retrouvées au tribunal jeudi. 
Dans les couloirs du tout nouveau palais de justice situé porte de Clichy, jeudi 24 mai en début d’après-midi, des groupes de jeunes gens errent. Des policiers fébriles les suivent des yeux, quand ils ne les suivent pas carrément physiquement. À l’accueil, au rez-de-chaussée, on ne sait pas dire où se trouvent les « gardés à vue d’Arago ».

Devant la chambre des comparutions immédiates, au sixième étage, un couple d’une cinquantaine d’années interroge les quelques personnes présentes. Leur fils, Thomas, majeur et lycéen à Montreuil, fait partie de la centaine de personnes arrêtées mardi soir dans ou devant le lycée Arago, place de la Nation à Paris. « Nous avons d’abord reçu un coup de fil pour nous dire que notre fils se trouvait en garde à vue, puis un second, hier soir, pour nous dire qu’il était transféré au dépôt en vue d’une comparution aujourd’hui », explique Francis, le père. Mais à quelques minutes du début des audiences de comparution immédiate, ils ne savent toujours pas où se trouve leur fils – celui-ci sortira quelques heures plus tard, avec un simple rappel à la loi. Une policière en uniforme s’agace devant la salle d’audience : « C’est inutile de laisser rentrer les jeunes, il n’y a aucune comparution immédiate des jeunes d’Arago cet après-midi. Et encore moins pour des mineurs qui seront de toute façon jugés à huis clos. » Les quelques lycéens qui se laissaient fouiller pour entrer dans la salle renoncent, d’autres ressortent au bout de quelques minutes. Retour à la case départ, c’est-à-dire à l’extérieur du tribunal, où une centaine de jeunes se sont réunis peu après midi, en provenance pour certains de la place de la Nation où un premier rassemblement a eu lieu à 11 heures.


Une centaine de lycéens manifestent devant le tribunal de justice de Paris, jeudi 24 mai. © CG  
Une centaine de lycéens manifestent devant le tribunal de justice de Paris, jeudi 24 mai. © CG
 
Le flou total qui entoure cette journée au tribunal arrive comme une suite logique aux dernières 48 heures.
Tout commence à l’issue de la manifestation de la fonction publique du 22 mai. Après la dispersion, aux alentours de 18 heures, une centaine de personnes décident de tenir une AG d’occupation à l’intérieur du lycée Arago. Selon la préfecture de police de Paris, « une réquisition » a alors été « établie par le chef d’établissement ». Les forces de l’ordre sont intervenues et n’ont pas fait dans la dentelle : 102 personnes interpellées et placées en garde à vue (à quoi s’ajoutent 26 personnes placées en garde à vue en marge de la manifestation elle-même). Parmi elles, beaucoup de mineurs. Selon certains récits, le proviseur a laissé partir plusieurs élèves de son établissement qui n’ont pas été arrêtés.
Les personnes interpellées ont ensuite passé, pour une soixantaine d’entre elles, près de 5 heures dans un bus, sans lumière, sans boisson et sans possibilité d’aller aux toilettes, devant le commissariat du XVIIe arrondissement. La centaine de personnes arrêtées a ensuite été répartie dans une dizaine de commissariats.
Alex*, 16 ans, a passé moins de 48 heures en garde à vue. L’adolescent, mobilisé contre Parcoursup et la future réforme du lycée, chemine à proximité du lycée Arago quand il découvre qu’une assemblée générale est en préparation et souhaite voir ce qu’il va s’y raconter. L’ambiance est alors festive. « Très rapidement, nous sommes évacués, au bout d’une heure, je dirais. La porte est défoncée par les forces de l’ordre. Nous sommes coincés dans une salle. Nous devons descendre trois par trois, nos identités sont vérifiées, nous sommes fouillés et transférés dans un bus. Nous sommes environ 70 dont beaucoup de mineurs », raconte le jeune homme qui ignore alors ce qui va advenir de lui et ses camarades d’infortune.
« Nous allons attendre cinq heures dans un bus surchauffé, sans eau, sans nourriture, sans possibilité de se rendre aux toilettes, sans savoir si nous allions être placés en garde à vue. Nous étions tous stressés. » Il sera notifié de sa garde à vue aux alentours de 4 h 30 du matin. Après son arrivée rue de l’Évangile dans le XVIIIe arrondissement, il ne verra l’avocat missionné par ses parents qu’à 15 h 30.
Le jeune homme achève sa mésaventure avec une convocation devant le substitut du procureur pour un rappel à la loi. « J’en sors démoralisé, je ne suis pas quelqu’un qui tente des coups dangereux mais tout a été fait pour nous dissuader de nous mobiliser. C’était stressant d’être maintenus dans ces conditions inacceptables. » Sa mère craint qu’il ne soit choqué et condamne une réponse disproportionnée et « punitive ».
Il est 19 h 30 le mardi 22 mai lorsque Isabelle* commence à s’inquiéter de ne pas voir son jeune fils de 16 ans rentrer à la maison à l’heure habituelle. Alex n’a pas de téléphone portable, il est injoignable. Elle reçoit un appel d’un de ses amis lui expliquant qu’il l’a vu être emmené par la police à la suite de la tentative avortée d’occupation du lycée Arago. « Mon sang n’a fait qu’un tour. Nous avons sauté dans le métro avec mon conjoint direction Nation pour espérer le voir dans le bus. »
Arrivés là-bas, quelqu’un leur conseille de se rendre au commissariat rue de l’Évangile dans le XVIIIe arrondissement, alors que le bus s’éloigne. Une fois devant, avec d’autres parents eux aussi en quête de nouvelles, ils patientent, toujours sans la certitude que leurs enfants soient bel et bien ici. « On a attendu en se disant que si on restait, ils allaient peut-être les relâcher, même tardivement. À 1 h 30 du matin, on nous dit qu’ils vont être placés en garde à vue. On est rentrés chez nous et à 4 h, nous avons reçu un coup de téléphone pour nous notifier la garde à vue d’Alex. »

« Une stratégie d’intimidation contre ceux qui protestent contre Parcoursup »

Isabelle est déterminée à découvrir où est retenu son fils et surtout à le voir pour s’assurer qu’il va bien. Après être allée dans le VIe arrondissement sans succès, elle se rend dans le Ve. En insistant, elle apprend que son fils « est en train d’être transporté ». Ses parents ne pourront pas le voir lorsqu’il arrive au commissariat. Le couple prend alors attache avec un avocat. La garde à vue de leur fils est prolongée de 24 heures. « C’était un choc et cette désorganisation est angoissante. Il est trop jeune pour vivre un enfermement pareil. »
Toute la journée de mercredi, des récits semblables à celui d’Isabelle se sont multipliés : des parents se sont alarmés sur Twitter de rester sans nouvelles des personnes interpellées. Certains parents ne savent même pas dans quel commissariat a été conduit leur enfant. Mardi soir, un rassemblement devant le lycée Arago a permis de croiser les récits. Les mineurs n’ont vraisemblablement pas eu le droit d’appeler leurs parents. Mais ils ont gardé leurs téléphones et ont pu envoyer des messages tant qu’ils ont eu de la batterie.
Séverine Lemasson a reçu un SMS de sa fille de 16 ans, lycéenne en première L dans un établissement du nord-est parisien. Celle-ci lui signalait qu’elle participait à l’occupation du lycée Arago. « Nous étions très inquiets, on lui a donné pour ordre de surtout ne pas opposer de résistance, de sortir quand elle le pourrait. » Ce qui n'a pas été possible. Un peu plus tard, la jeune fille écrit de nouveau à ses parents pour les avertir qu’elle a été arrêtée mais qu’elle va bien. « Nous avons été prévenus de son placement en garde à vue à 2 h 50 du matin. » Dans la foulée, à la première heure, ils sollicitent les services d’un avocat.
Mercredi matin, les parents n’avaient toujours pas vu leur fille puis apprennent qu’elle est au TGI des Batignolles et qu’ils doivent s’y présenter à 9 heures jeudi matin.
Séverine n’en revient pas. « Nous sommes très surpris par l’ampleur de la procédure par rapport aux faits reprochés. On a fait confiance à l’État et on a l’impression que la réponse est disproportionnée. Quand on sait que la police et la justice sont débordées, mobiliser autant de forces de polices pour cent adolescents, c’est surréaliste. » Son époux abonde dans le même sens : « Je pense que la procédure est politique plus que judiciaire. Nous, on a l’impression que nos droits de parents n’ont pas été respectés. On n’a rien fait pour nous. »


De nombreux lycéens, étudiants et enseignants se trouvaient mardi en tête du cortège de la fonction publique à Paris. © DI 
De nombreux lycéens, étudiants et enseignants se trouvaient mardi en tête du cortège de la fonction publique à Paris. © DI
 
Estelle et sa co-parente Joanna* ont vécu la même angoisse. Les deux femmes ont passé la nuit à attendre des nouvelles de leur fille de 17 ans. Elles sont prévenues à 2 heures du matin que leur fille est en garde à vue. Joanna assure qu’on lui a promis de « lui donner des nouvelles régulières ». Ce qui n’a pas été fait. Toute la journée du mercredi, elles essaieront de joindre le commissariat central pour au moins savoir où est retenue leur fille. « Puis on m’a dit qu’elle n’est dans aucun commissariat, raconte encore Joanna, là j’ai pété un plomb et j’ai dit à la personne au bout du fil que j’allais porter plainte pour enlèvement. Je n’ai pas vu ma fille pendant 48 heures. Elle est mineure et on a prolongé sa garde à vue. C’est surréaliste, on fait ça pour les terroristes normalement ! C’est très dur psychologiquement à vivre. » Estelle craint pour la santé psychique de sa fille et redoute qu’elle n’en conserve un traumatisme.
Michaela* est la mère d’Angelo*, 17 ans. Elle aussi a vécu quarante-huit heures d’angoisse. Angelo a suivi ses copains d’Arago avant de se retrouver pris dans la nasse. L’adolescent n’est pas militant pour un sou selon sa mère.
Dans la soirée, pour ne pas l’inquiéter et parce qu’il pense être relâché très vite, Angelo envoie un SMS prévenant sa mère qu’il allait dîner chez un ami, ce qui arrive régulièrement. À 23 heures, elle reçoit un second message dans lequel il l’avertit qu’il a été embarqué par la police mais qu’il n’a rien fait. « Je me suis effondrée, c’est la première fois que cela lui arrive. J’étais sous le choc, j’ai pris un anxiolytique car je devais aller travailler. » Le lendemain, elle découvre sur sa messagerie qu’elle a été prévenue à 2 h 54 que son fils a été placé en garde à vue. Elle ne pense qu’à son fils toute la journée de mercredi. Jeudi, elle est convoquée au tribunal de grande instance des Batignolles. Angelo écope de deux jours de réparation pénale et ne doit commettre aucun délit durant trois ans sous peine de voir cette peine apparaître dans son casier judiciaire. Le jeune homme est sous le choc. Il a mangé du bout des lèvres durant ces dernières 48 heures. Sa mère s’inquiète de le voir s’enfoncer « dans le déni » et qu’il « ne verbalise rien ».
Les parents des majeurs n’ont eu aucune nouvelle. Mathieu Potte-Bonneville a dû gérer depuis le Japon le placement en garde à vue de son fils de 21 ans, photographe, présent dans le lycée pour documenter l’occupation. Ce qui l’inquiète. « Il n’est pas mineur, ni lycéen. Il pourrait être considéré comme un agitateur extérieur. » Il parvient à communiquer avec son fils, jusqu’à ce que la batterie de téléphone de ce dernier ne rende l’âme. Depuis, il ne sait pas ce qu’il est advenu de lui. Le philosophe contacte Reporter sans frontières car son fils ne possède pas de carte de presse prouvant son appartenance à la profession, même celle-ci n’est pas indispensable pour exercer le métier de journaliste.
Pour lui, il est clair que ces arrestations multiples procèdent « d’une stratégie d’intimidation contre ceux qui protestent contre Parcoursup, pour tuer la contestation dans l’œuf, quitte à taper sur des poussins. Ce qui me fascine, c’est cet effort triste pour empêcher la construction d’un espace public d’échange et de contestation ».

D’après le parquet, contacté par Mediapart mercredi après-midi, « sur les 40 déférés majeurs [43 gardes à vue sont par ailleurs toujours en cours], 11 vont faire l'objet d'une convocation par procès-verbal avec réquisitions de placement sous contrôle judiciaire et 29 vont être présentés à un délégué du procureur pour rappel à la loi ». Concernant les 40 mineurs, « toutes les gardes à vue ont désormais été levées », ajoute le parquet. En définitive, « 27 mineurs ont été déférés ». Sur ces 27 mineurs, 14 vont être présentés à un juge des enfants et 13 vont être présentés à un magistrat du parquet ou un délégué du procureur (pour rappel à la loi ou mesure de réparation pénale). Pour les autres (non déférés), quatre se sont vu notifier une convocation devant le juge des enfants et sept se sont vu notifier une convocation devant le délégué du procureur. Une procédure a été classée et un mineur sera reconvoqué ultérieurement. Jeudi, des parents réfléchissaient à saisir la justice ou le Défenseur des droits pour dénoncer ces gardes à vue qu’ils jugent abusives. Pour les lycéens mineurs, la galère n’est cependant pas forcément terminée. Mercredi soir, lors du rassemblement devant le lycée Arago, certains parents et enseignants craignaient que des sanctions au sein même des lycées puissent être prononcées. Ce serait le cas au lycée Hélène-Boucher, dans le XXe arrondissement. La proviseure aurait menacé les élèves gardés à vue d’un conseil de discipline. La double peine.

Médiapart

  • LE VICE-PRESIDENT AMERICAIN, CLONE DE TRUMP (1)

    Trump annule le sommet historique avec la Corée du Nord

    Michel de Grandi Le 24/05 à 16:31

    Alors Corée Nord venait détruire site d'essais nucléaires, président américain annulé sommet devait tenir 12 juin Singapour.
    Alors que la Corée du Nord venait juste de détruire un site d'essais nucléaires, le président américain a annulé le sommet qui devait se tenir le 12 juin à Singapour. - 

    Le président américain a dénoncé dans une lettre la colère et l'hostilité du régime de Pyongyang. Les présidents français et russes ont appelé à la poursuite des efforts de dialogue.

    Donald Trump qui, depuis quelques jours, laissait planer le doute sur  le sommet de Singapour où il devait s'entretenir avec Kim Jong-un le 12 juin a tranché brutalement : la rencontre historique n'aura pas lieu. Une décision qu'Emmanuel Macron et Vladimir Poutine ont regretté lors d'une conférence de presse commune en Russie, en espérant que le « dialogue » se poursuive.
    Le président américain a justifié sa décision en dénonçant « la colère » et « l'hostilité » du régime de Pyongyang. « J'estime qu'il n'est pas opportun, à ce stade, de maintenir cette rencontre prévue depuis longtemps », a indiqué Donald Trump dans un courrier au leader nord-coréen rendu public par la Maison-Blanche, qui a souligné une « série de promesses non tenues ».
    Dans ce texte, le président laisse planer une menace en évoquant en particulier « la puissance » de l'arsenal nucléaire américain. Il met en garde Kim Jong-un contre tout « acte irresponsable » mais laisse cependant une porte entrouverte : « Si vous changez d'avis concernant cet important sommet, n'hésitez pas à m'appeler ou à m'écrire. »

    Durcissement du ton

    Le ton entre les deux protagonistes s'était sensiblement durci ces derniers jours, depuis que la Corée du Nord avait refusé une  dénucléarisation totale comme exigé par Washington. Il s'est franchement dégradé jeudi lorsque la vice-ministre nord-coréenne des Affaires étrangères Choe Son-hui  a qualifié « d'andouille » Mike Pence, menaçant d'annuler ce sommet historique.
    Lundi, le vice-président américain avait affirmé que « ce serait une grave erreur pour Kim Jong-un de penser qu'il pourrait se jouer de Donald Trump ». Il avait également déclaré que la Corée du Nord pourrait finir comme la Libye de Mouammar Kadhafi (1), tué lors du soulèvement de son pays après avoir renoncé à l'arme atomique, « si Kim Jong-un ne passe pas un accord » avec Washington sur la dénucléarisation.
    « Je ne peux pas cacher ma surprise devant de telles remarques idiotes et stupides venant de la bouche du vice-président américain », a fustigé jeudi Choe Son-hui, dans une déclaration publiée par l'agence officielle KCNA.

    Annulation humiliante

    Cette annulation est particulièrement humiliante pour le leader nord-coréen car elle intervient le jour même où, précisément, la Corée du Nord a procédé à  la destruction de son site d'essais nucléaires . L'opération était savamment orchestrée. Mais il s'agissait d'un geste de bonne volonté promis par le régime ermite avant le sommet avec les Etats-Unis.
    Pyongyang a « complètement » démantelé le site d'essais de Punggye-ri, dans le nord-est, a annoncé l'Institut pour les armes nucléaires de la République populaire démocratique de Corée dans un communiqué en anglais, rendu public par l'agence officielle KCNA. L'ONU pour sa part a regretté l'absence d'experts internationaux pour vérifier la destruction effective d'une infrastructure qui aurait, par ailleurs, été très abîmée lors du dernier tir.

    Michel De Grandi / Les Echos

    (1)   Ce clone de Trump a en effet déclaré que la Corée du Nord pourrait finir comme la Libye de Kadhafi - ndlr.

    "DES PRATIQUES DIGNES D'UN ETAT POLICIER" (1)

    (1) parents en colère, cités par 'Ouest France' (ndlr).
     

    L'engrenage dont sont victimes les "interpellés d'Arago" doit cesser. Si la volonté d'organiser une AG dans un lycée devait mener au tribunal, nous serions nombreux à avoir un lourd casier... cela n'est pas raisonnable.

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    jeudi 24 mai 2018

    REVUE DE LA SEMAINE DE JL MELENCHON


    #RDLS63 : 26 MAI, PARCOURSUP, FRONT POPULAIRE, RÉFORME DES INSTITUTIONS

    JEAN-LUC MÉLENCHON
     

    DE L'ANALYSE DE LA SITUATION POLITIQUE ITALIENNE A CELLE DE LA FI EN FRANCE (1).

    Pourquoi il est inapproprié de considérer le Mouvement 5 étoiles comme le cousin italien de La France insoumise

    Le M5S, une formation populiste, a noué une alliance avec l'extrême droite pour former un gouvernement de coalition en Italie. Le positionnement du mouvement est atypique et reprend à la fois des thèmes de gauche et de droite. Difficile, dans ces conditions, de le considérer comme le frère jumeau de La France insoumise. 

    Luigi Di Maio, leader du M5S, lors d\'une conférence de presse au Quirinal de Rome, lundi 14 mai 2018.
    Luigi Di Maio, leader du M5S, lors d'une conférence de presse au Quirinal de Rome, lundi 14 mai 2018. (ANDREAS SOLARO / AFP)
    "Nous n'avons rien à voir avec le Mouvement 5 étoiles". Jean-Luc Mélenchon a mis les points sur les i, dimanche 20 mai, sur RTL, en qualifiant même la formation politique italienne d'"adversaire". Deux jours plus tôt, sur France 2, il avait déjà été interrogé sur la possibilité d'un rapprochement avec Marine Le Pen, à la façon de la coalition entre le M5S et la droitière Ligue de Matteo Salvini. Ce parallèle laisse toutefois de côté l'identité propre du mouvement emmené par Luigi Di Maio : ses propositions éclectiques composent un programme parfois qualifié "d'attrape-tout". Ni de droite, ni de gauche. Ou un peu des deux (a).

    Un socle de gauche contre une doctrine hybride

    "Le M5S est plus volatil et plus hybride du point de vue doctrinal, estime Sylvain Kahn, professeur agrégé au sein du master affaires européennes et du département d'histoire de Sciences Po, ce qui gêne beaucoup de commentateurs français." Le M5S défend l'écologie et la démocratie directe, tout comme La France insoumise. Mais dans le même temps, il emprunte plusieurs thèmes à la droite radicale, notamment sur la sécurité et l'islam. "Il n'y a pas de socle idéologique au M5S", analyse Jérémy Dousson, journaliste à Alternatives économiques et auteur d'Un populisme à l'italienne ? Comprendre le Mouvement 5 étoiles (éd. Les Petits matins). L'accord de gouvernement avec la Ligue prévoit notamment le renvoi de 500 000 immigrés clandestins.
    Il y a une différence philosophique. Le M5S s'est créé depuis le départ, en 2011, comme un mouvement ni à gauche ni à droite (a). La France insoumise, elle, est issue de la gauche. Jérémy Dousson à franceinfo

    >> Italie : quelles sont les principales mesures du programme présenté par le Mouvement 5 étoiles et la Ligue ?

    Une position inacceptable pour Jean-Luc Mélenchon, qui n'hésite pas à qualifier Luigi Di Maio et Matteo Salvini de "fachos". "La classe politique italienne a mis un coup de barre à droite depuis deux ans, dans un contexte particulier, analyse Jérémy Dousson. Le Parti démocrate (centre gauche) de Matteo Renzi a financé des milices libyennes pour retenir les migrants. Le M5S est en ligne avec ça, ni plus ni moins."  (b).  Par le passé, le fondateur du mouvement, Beppe Grillo, a largement fustigé le droit du sol et dénoncé "la gauche caviar", coupable selon lui de justifier les flux migratoires.
    Le mouvement est né et a grandi dans le sillage d'un blog tenu par Beppe Grillo. Jérémy Dousson a interrogé plusieurs anciens membres du M5S qui ont travaillé avec l'humoriste et Giancarlo Casaleggio, éminence grise du mouvement, aujourd'hui décédé. "Ils m'ont expliqué que les posts du blog étaient conçus pour faire sortir les gauchistes du mouvement. La stratégie était de ne pas balancer d'un côté, trop à gauche, ou de l'autre." Tout en restant cohérent au fil des ans, le programme du M5S a toujours cherché à s'affranchir des étiquettes classiques.
    Lors de ses alliances putatives, Luigi Di Maio a essayé de nouer une coalition avec tout le monde (sauf Forza Italia). En Italie, ses adversaires politiques disent qu’il est opportuniste. Je dirais qu’il est idéologiquement très plastique. Sylvain Kahn à franceinfo
    Pour Jérémy Dousson, la ligne jaune d'une alliance avec l'extrême droite représente une réelle divergence. "Jean-Luc Mélenchon est attaché certes à la souveraineté, aux frontières, à une certaine forme d'ordre républicain, à la nation, mais il est clairement internationaliste et multiculturaliste", estime également le politologue Jean-Yves Camus (c),  interrogé par l'AFP.

    Le M5S n'est pas un parti antilibéral

    Gare donc aux apparences. Certes, le mouvement de Luigi Di Maio et La France insoumise vantent une redistribution des richesses et une relance économique par le pouvoir d'achat, grâce notamment à des baisses d'impôt. Mais "le M5S n'est pas du tout jacobin et rejette l'économie administrée, précise aussitôt Sylvain Kahn. Il promeut d'ailleurs l'entrepreunariat et la libre entreprise et a obtenu d'excellents scores dans le centre du pays, où existe un fort réseau de PME." Lors des élections législatives, les listes du mouvement ont ainsi glané 31,2% des voix dans les catégories supérieures (dirigeants et entrepreneurs), loin devant le PD (centre gauche, 22,5%) et la Ligue (12,9%).
    Le M5S a un programme pro-entreprises et de nombreux entrepreneurs ont voté pour Luigi Di Maio. Ce dernier est très dur contre les multinationales et l’évasion fiscale, mais il défend les petits entrepreneurs. Jérémy Dousson à franceinfo  (d)
    En guerre contre la pression fiscale, Luigi Di Maio ne défend pas une position antilibérale (d).  Il a d'ailleurs accepté l'idée du centre droit d'instaurer une "flat tax" avec des taux d'imposition de 15 et 20%, qui devrait profiter aux plus aisés. Ce sont "des partis qui ont un programme économique de droite", juge Jean-Luc Mélenchon, qui vante au contraire l'instauration de quatorze tranches d'imposition. En déplacement à Naples lors de la campagne législative, le 15 février, le dirigeant de La France insoumise a sans surprise apporté son soutien à Potere al Popolo !, une alliance de gauche antilibérale.

    Un dégagisme en commun, mais le M5S veut s'affranchir des partis

    Mais certains traits entretiennent la confusion entre les formations. Le parti français et le mouvement italien revendiquent tous deux une même aversion pour la presse et adoptent volontiers des accents "dégagistes" – on songe notamment au célèbre "Vaffanculo" de Beppe Grillo. Les deux formations se sont organisées autour d'une "personnalité clivante qui fixe un cap, résume Jérémy Dousson. Dans les deux cas, il y a eu des procès en populisme, avec des soupçons d'accointance avec la Russie". Ils partagent un goût pour les nouvelles technologies. Avant l'hologramme de Jean-Luc Mélenchon, lors de la dernière présidentielle, Beppe Grillo avait diffusé en simultané un meeting sur 120 écrans, il y a cinq ans.
    "Cette critique des élites et du système économique crée un autre imaginaire chez les électeurs", selon Jérémy Dousson. Mais ce goût pour la tribune cache également des différences, estime Sylvain Kahn. "Jean-Luc Mélenchon est issu du monde partisan, d'un monde politique structuré par les partis." Le M5S, lui, est né en 2011 autour de la figure de l'humoriste Beppe Grillo, puis a grandi autour de son blog et des réseaux sociaux. Luigi Di Maio "croit en l'immédiateté du peuple qui n’a pas besoin de corps intermédiaires et donc de partis politiques pour se gouverner".
    Quand Syriza et La France insoumise disent : 'dégagez-les tous', ils utilisent une rhétorique populiste, mais sans l'être à 100%. Car Jean-Luc Mélenchon estime qu'il existe encore des partis qui peuvent comprendre le peuple et le représenter. Sylvain Kahnà franceinfo

    Le M5S, version du souverainisme italien 

    Le positionnement eurosceptique du M5S est très affirmé depuis la création du mouvement. "Ils ont mis beaucoup d’eau dans leur vin avant et après élections, estime Jérémy Dousson. Ils sont passés d'une position proche de celle de Jean-Luc Mélenchon – on négocie avant un éventuel référendum de sortie – à une position proche de Benoît Hamon  (e)  – on négocie sans envisager de sortie." La sortie de l'euro, par exemple, ne figure plus dans la dernière version de l'accord de gouvernement, ce qui contrarie d'ailleurs Beppe Grillo. Début mai, ce dernier a rappelé la nécessité d'un référendum pour sortir de la monnaie unique.
    Il n'en reste pas moins que Jean-Luc Mélenchon et Luigi Di Maio ont tous deux une sainte horreur de la gouvernance européenne, à travers ses principales institutions comme la BCE. Ce souverainisme "de gauche" critique la technocratie bruxelloise et dénonce un déficit démocratique en raison d'une rupture supposée avec le peuple. Mais l'euroscepticisme du M5S ajoute une autre dimension à cette défiance, en défendant les prérogatives de l'Italie (e) . "Luigi Di Maio est également souverainiste au sens où l’était le RPR français, estime Sylvain Kahn. Il refuse que la souveraineté soit mutualisée dans le cadre de l'UE et considère que l’Etat italien doit pouvoir décider seul."

    Le M5S, un nouveau rapport à la politique reproductible par La France insoumise ?

    "Ces concepts de souverainisme, de capitalisme et de peuple sont assez absents dans les propos de Luigi Di Maio", estime Jérémy Dousson, qui préfère insister sur l'organisation des deux formations. Selon lui, La France Insoumise et le M5S s'inscrivent dans la mouvance des "entreprises libérées", une expression utilisée en sciences de gestion. "Vous pouvez vous organiser en petites cellules et avoir une marge de décision, tant que vous respectez la vision et le cap du leader."
    Sylvain Kahn, lui, évoque peu cet aspect de La France insoumise (f) . La nouveauté du M5S, selon lui, est une conception horizontale de la politique, avec justement un rôle a minima des partis politiques. "De ce point de vue-là, nous sommes peut-être en train de changer d'ère avec le M5S, En marche !, Podemos, le Parti pirate... Ces mouvements n'ont pas le même programme, mais ils veulent faire de la politique autrement." Une analyse assez proche de celle de l'historien Jérémie Ferrer-Bartomeu, interrogé dans Marianne. "Le problème de la stratégie de La France insoumise, c'est qu'elle marche vite pour élargir son socle électoral, mais que pour aller plus loin, la transformation en Mouvement 5 étoiles est la seule issue possible." (f)

    A lire aussi


    (1)   Sur ce blog, chacun peut constater que, pour un relais critique, les articles des médias 'mainstream' (ici, de 'franceinfo') se suivent parfois, mais fort heureusement n'épousent pas toujours la démarche courante de connivence avec le pouvoir. C'est ce qu'on relève avec plaisir à la lecture de l'exposé ci-dessus : juste après un article ordinairement 'mainstream' au titre plus que contestable sur l'amputé de N. D. des Landes, voici une analyse qui ambitionne de tenter un parallèle entre "un nouveau rapport à la politique" détecté en Italie et le mouvement citoyen de la France Insoumise. 
    On peut l'accepter en ce qu'elle permet de faire un point assez large, et puis, plus intéressant sur un plan pédagogique, de procurer peut-être aux militants de la FI quelques références supplémentaires pour alimenter un débat argumenté en ces jours décisifs ; en plus clair encore, et même si on le regrette sincèrement pour nos amis italiens, disons que la situation dans leur pays permet d'y trouver un effet repoussoir qui, par opposition, met en valeur le processus du mouvement des Insoumis en France. 
    Enfin, l'auteur de l'article a l'intelligence de s'appuyer aussi sur l'avis de confrères et d'experts de qualité. 

    'En prime', on se permet les quelques réflexions suivantes, par références à l'article. Bien sûr, ce pourrait être l'occasion de commentaires en réponse, soumis à débat. Merci d'avance pour toute réponse.

    (a)  Ca commence pourtant mal avec ce "parallèle", ce "rapprochement" éculé entre les "extrêmes", tant français qu'italiens. Juste avant que J. Dousson n'insiste sur le fait que le M5S est dépourvu de tout "socle idéologique", - différence évidente et capitale avec FI... mais, on l'ajoute, position en revanche très proche de celle, revendiquée, des Marcheurs : ni droite, ni gauche ou "un peu des deux" : "programme attrape-tout" !

    (b)  Le fait que Mattéo Renzi et son parti démocrate soient "en ligne" avec les "fachos" de M5S sur la question des migrants autorise un "parallèle" avec la situation française où l'on voit les positions anti-immigration développées par le pouvoir (à l'infime exception près de quelques Marcheurs), qui tendent à être "en ligne" avec celles de droite-extrême et extrême-droite. - Avec une excuse pour les Italiens : eux sont en première ligne, suite à la faillite de l'Europe et son espace Schengen !

    (c)  Les qualificatifs de J. Y. Camus concernant Mélenchon sont les bons... Il aurait pu ajouter : anticapitaliste parce qu'antiproductiviste, antiproductiviste parce qu'anticapitaliste - cf. Charte sur l'écosocialisme ! 

    (d)  Là encore, J. Dousson formule la bonne analyse : il souligne l'incohérence d'un M5S critiquant multinationales et évasion fiscale, mais se revendiquant... libéral ! Rien à voir avec les positions rigoureuses de FI.

    (e)  On doit noter au passage le rappel de la faiblesse d'un Hamon qui persiste dans une position de soumission à l'UE, totalement défaitiste ! 
    D'autre part, un peu plus bas, on voit mal ce que S. Kahn analyse comme "une autre dimension" à l'euroscepticisme de M5S, du moins en comparaison (?) avec FI. Il suffit probablement d'insister sur la stigmatisation par FI du caractère antidémocratique de la commission de Bruxelles -, caractère d'ailleurs revendiqué de façon provocatrice par Juncker, son scandaleux président.

    (f)  On laisse aux intervenants de ce dernier paragraphe la responsabilité de leurs propos, bien sûr. En particulier ceux de l'historien appelé in fine à la rescousse - qui semble ne voir qu'une issue possible pour FI : sa "transformation en Mouvement 5 étoiles" (sic)... ce qui montre au moins qu'un expert-historien n'est pas forcément compétent pour apprécier l'avenir !

    J.P. Carlin 

    UN AIR DE 'DEJA VU' : SOUVENONS-NOUS DE SIEVENS ET REMY FRAISSE ! (1)

    Notre-Dame-des-Landes : un homme amputé de la main droite après avoir ramassé une grenade (1) lors de heurts avec des gendarmes

    L'incident s'est déroulé pendant des heurts avec les gendarmes.
    Les fourgons de CRS déployés sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, le 18 mai.
    Les fourgons de CRS déployés sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, le 18 mai. (GUILLAUME SOUVANT / AFP)
    Un homme a été blessé grièvement en ramassant une grenade dans la ZAD de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), a indiqué la procureure de la République de Saint-Nazaire, Sylvie Canovas, mardi 22 mai. L'incident s'est déroulé vers midi au cours de heurts avec des gendarmes, en marge des travaux de déblaiement de squats détruits.
    Selon les premiers éléments de l'enquête, une cinquantaine d'opposants s'en sont pris aux gendarmes mobiles qui sécurisaient ces travaux, lançant de pierres et des cocktails molotovs, indiquent des sources proches du dossier à franceinfo. Pour "défendre leur intégrité physique" et disperser les opposants, les gendarmes mobiles ont utilisé des grenades lacrymogènes de type F4, "une munition à triple effet lacrymogène, sonore et de souffle", a précisé le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb.

    Son pronostic vital n'est pas engagé

    "Selon les premiers éléments, un des opposants aurait tenté de ramasser une grenade tombée au sol en vue de la relancer sur les gendarmes. C'est alors que cette grenade a explosé, blessant gravement à la main un individu âgé d'une vingtaine d'années", indique le communiqué du ministère de l'Intérieur qui précise que le blessé "a été immédiatement secouru par les gendarmes mobiles" et évacué vers le CHU de Nantes.
    "Au regard des blessures occasionnées, il a été amputé de la main droite et demeure hospitalisé. Ses jours ne sont pas en danger", écrit le procureur de la cour d’appel de Rennes. Selon des sources proches du dossier citées par l'AFP  (1),  le blessé a également été touché à l'abdomen. Deux opposants ont été interpellés.
    Le procureur de la République de Saint-Nazaire a ouvert une enquête de flagrance confiée à la section de recherches d’Angers. De son côté, l’inspection générale de la gendarmerie nationale a été saisie afin de préciser les circonstances exactes dans lesquelles les militaires de la gendarmerie nationale sont intervenus.

    Les zadistes contredisent la version des autorités

    Dans un communiqué, les occupants de la Zad rapportent que le jeune homme "ramassait des affaires alors qu'une trentaine de personnes criaient leur dégoût aux gendarmes". Selon eux, "il ne se passait rien de significatif à cet instant", "bien que quelques cailloux aient pu être lancés auparavant".
    Ils affirment que, soudainement, "une pluie de grenades s'est abattue sur le groupe qui s'est enfui en courant". Et d'insister : "Il n'est pas possible que la personne ait ramassé une grenade alors qu'elle courait dos aux gendarmes"  (1).  D'après eux, "il est bien plus probable que la grenade se soit coincée dans ses vêtements ou qu'il soit tombé dessus".



    (1)  On a bien noté que, subitement prudent, le média 'mainstream' franceinfo, pour une précision sur l'importance des blessures, se retranche derrière la formule de "sources proches du dossier citées par l'AFP". En revanche, et en toute contradiction, il n'hésite pas à affirmer - en titre ! - que, culpabilisation comprise, le blessé a "ramassé une grenade...", appuyant ainsi la version de la procureure de la république sans la moindre précaution... 
    La justice tranchera... mais devra, évidemment, prendre aussi en considération les témoignages assurant que "il n'est pas possible que la personne ait ramassé une grenade alors qu'elle courait dos aux gendarmes"...
    ... De l'art de compliquer les choses par des journalistes trop pressés dans leurs 'scoops', voire conduits par une démarche de mouton de Panurge, alors que leur mission est de tenter, à leur niveau, de contribuer à la recherche de la vérité... Voilà une nouvelle illustration de complaisance à l'égard des autorités, malheureusement courante dans la presse.
    J.P. C.

    DERIVE AUTORITAIRE DE MACRON, BIEN LOIN DU PROCESSUS DEMOCRATIQUE POUR UNE 6° REPUBLIQUE.

    Nouvelle réunion du Congrès à Versailles : "Monsieur Macron pense que les Français ont besoin d'un monarque"

    Emmanuel Macron réunira de nouveau le Congrès en juillet 2018 à Versailles, pour rendre compte de son action. Mais cette façon de faire ne ravit pas tous les députés.
    Les députés et sénateurs réunis en congrès à Versailles le 3 juillet 2017.
    Les députés et sénateurs réunis en congrès à Versailles le 3 juillet 2017. (ERIC FEFERBERG / POOL)
    C'était une promesse de sa campagne présidentielle, et il s'y était engagé de nouveau en juillet 2017 : Emmanuel Macron réunira à nouveau le Congrès à Versailles au début de l'été.
    Mais à l’exception des élus de la majorité, l’organisation de cette réunion fait grincer des dents sur tous les bancs de l’Assemblée nationale.
    "J'ai cru comprendre que le président allait réserver sa parole", s'interroge Luc Carvounas, député PS du Val-de-Marne. "Mais depuis plusieurs mois, on l'entend sur tout et n'importe quoi. On a un président autoritaire et qui dirige seul ce pays."

    Une dérive monarchique ?

    L’an dernier, les députés communistes et de la France Insoumise avaient boycotté ce Congrès. "On ne voulait pas servir de potiches", explique Alexis Corbière, député de La France insoumise en Seine-Saint-Denis. Pour cette fois, "on va en discuter. Je trouve que c'est une drôle d'utilisation des institutions. Mais ça va bien avec la vision de monsieur Macron qui pense que les Français ont besoin d'un monarque."
    "C'est justement le contraire d'une dérive monarchique", rétorque Stanislas Guérini, l’un des porte parole des députés La République en marche. "C'est l'affirmation du respect plein et entier de devoir rendre des comptes devant le Parlement."

    Entre 200 000 et 500 000 euros

    La droite ira, mais en traînant les pieds, à l'image de Daniel Fasquelle. Le député Les Républicains du Touquet s'estime "contraint et forcé. Je pense que cette réunion ne sert à rien, comme la précédente n'avait servi à rien, si ce n'est à jeter de l'argent par les fenêtres". 
    Organiser un Congrès coûte entre 200 000 et 500 000 euros. Une facture payée à la fois par l’Élysée, l’Assemblée nationale et le Sénat.

    RUFFIN CHEZ BOURDIN



    François Ruffin face à Jean-Jacques Bourdin en direct 24/05/2018 ...

    https://www.youtube.com/watch?v=sZaSLmRtxdw
    Il y a 2 heures - Ajouté par Jean-Jacques Bourdin
    Jean-Jacques Bourdin reçoit François Ruffin, député "Picardie Debout" de la Somme et rédacteur en chef du ...

    A. QUATENNENS A LA COMMISSION DES AFFAIRES SOCIALES


    LES LOBBYS DE L'AGROCHIMIE RESTENT TOUT-PUISSANTS AU PARLEMENT FRANçAIS !



    La députée et ex-ministre de l'Ecologie, qui a révélé que le lobby représentant…
    liberation.fr

    MARCHE DU 26 MAI A CHERBOURG

    Pour la marée populaire de Cherbourg du 26 mai, les ateliers citoyens granvillais proposent un covoiturage au départ de Granville :  A faire circuler.
    Covoiturage au départ de Granville :
    8h30, parking du stade Louis-Dior